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Emrys le poète

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emrysdegalice

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Une Femme

Une Femme



J'aimerais tell(e)ment une femme rencontrer
Qui, elle, saura bien m'apprécier
Et de moi n'osera se jouer
M'aimant en toute sincérité

Je ne veux pas d'une fille unique
Non plus d'une femme quelconque
Mais d'une Gente Damoiselle
Fort belle, rare et exceptionnelle

Bonne, discrète et charmante aussi
A me faire savourer la vie
A ne plus parler qu'au pluriel
Parlant peu de Moi, surtout d'Elle

Je dirais Nous et non plus Moi
Elle, ma Déesse Blanche ; Moi, son Roi
L'un de l'autre complémentaires
De mes futurs enfants la Mère

Durant une rencontre surprise, étonnante
D'aspect sombre, personnalité brillante
L'idiot parle, le sage se tait
Ainsi je la reconnaîtrais

En un lieu qui m'est peu commun
Je rencontrerais mon Destin
Là où on ne l'attendrais pas
Sachant pourtant qu'elle sera là

Se protégeant dans la distance
Son langage ? Le silence...
Des yeux profonds d'une brillance...
Que j'en entrerais en transe

Nous jouerons au jeu du chat et de la souris
Pour qu'elle me dise «Peut être» à défaut de «Oui»
A une invitation de tantôt Nous revoir
Un «A bientôt» dans le regard...
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#Posté le lundi 04 août 2008 08:41

Modifié le vendredi 27 mai 2011 12:59

Ma Japonaise

Ma Japonaise
Troquant ton studio de Tokyo
Contre un dans le Quatrième
De Paris et sa Bohème
Au pays de Victor Hugo

Paname voulais connaître
Un mode de vie tout autre
Et un continent différent
Durant tes congés nonchalants

Arrivant à l'appartement
Par l'escalier évidemment
Tu sortais de ta mansarde
Tu souris, on se regarde

Tu étais alors très gênée
De ne pas parler Français
Comme si, tel un bol d'air frais
Ma présence te rassurait

Puis un soir avec tes livres
Ton histoire tu me livres
En parlant doucement Anglais
Nos langues se déliaient

Je proposais de te guider
Durant tes quelques vacances
Au gré de quelques errances
Visiter Paris, ses musées

Et je t'apprenais la langue de Molière
En te montrant le Paris d'aujourd'hui, d'hier
De ma culture on dissertait
Devant un repas japonais

Ton Français, qui fut hésitant,
Devenait quasiment courant
Seulement quelques hésitations
Au gré de nos conversations.

En allant au musée d'Orsay
Doucement, chacun hésitait
C'est en visitant le Louvre
Que ton c½ur, lentement, s'ouvre

Puis, traversant les Tuileries
Ta main tendrement je saisis
Tu ne dis rien, ni ne rougis
Puis, d'un regard tu me dis «Oui»...

En prenant le bateau mouche
Passant par les pieds du Zouave
Je prends une voix suave
Et t'embrasse sur la bouche

Tu recherchais la Rue Morgue
Mais elle n'a jamais existé
Je t'ai lu du Jules Laforgue
Et cela t'a réconforté

Dans le quartier de Saint Michel
Lisant Baudelaire et Nerval
Du coté de Notre Dame
J'use de ma plus belle arme

La cloche de Quasimodo
Me donnant alors le tempo
Je me lance et te déclame
Au fil des couplets ma flamme

Sous l'équestre Charlemagne
A c½ur ouvert je te propose
Une unique et simple chose :
De devenir ma compagne...

Tu as accepté avec joie
Des larmes perlant sur tes joues
Je suis alors devenu fou
De pouvoir enfin être à toi.

Mais tu devais bientôt rentrer...
Et l'attente allait me ronger
Lentement, durant ces six mois,
Un très grand vide dans mes bras

Mais tout est enfin arrangé
Tous les détails tu as réglés
Nous allons pouvoir nous marier
Et fonder enfin un foyer
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#Posté le lundi 04 août 2008 08:42

Modifié le vendredi 27 mai 2011 13:00

Nouvel Espoir

Nouvel Espoir

 

Puisque ton coeur est assombri
Par les blessures de la vie,
Fais entrer un peu de soleil
Pour que l'espoir se réveille
Ouvre-toi à la lumière,
Et clos le chapitre d'Hier...


Alors que dehors il fait beau,
Posé sur la branche, l'oiseau
Déploie ses ailes en chantant,
Chaque fleur s'épanouissant

L'un, espérant pouvoir trouver
Du soleil et des fruits dorés
L'autre, cherchant à attirer
L'abeille voulant butiner

Et toi, pourquoi restes-tu là ?
Respire ! Oublie tes tracas
A quoi bon rester enfermé(e)
Par une si belle journée ?...


Mais si tu as peur d'avancer
Ou tes sentiments d'exprimer
Je préfère te rassurer
Je prendrais le temps de t'aider

Car je sais ce qu'est souffrir
L'amour laisse des blessures
Saignant avec les souvenirs
De nos peines les plus dures

Si une page il faut tourner
Je souhaite t'accompagner
Pour que ton c½ur soit plus léger
Et qu'il puisse de nouveau aimer

Alors, pourquoi restes-tu là,
Respire ! Oublie tes tracas
A quoi bon rester enfermé (e)
Par une si belle journée ?...


Viens avec moi, allons au bois
Il faut bon, nous n'aurons pas froid
L'herbe de la clairière
Voudra bien nous accueillir

Pour regarder les nuages
Y deviner des visages
Parfois même des animaux
Des paysages idéaux

Alors, la vie serait belle
Cette éphémère éternité,
Refuge à la réalité
Nous couvrant avec ses ailes

Il ne faudrait pas trop tarder
Car, le temps de te décider,
Le soleil se sera couché
Tu ne pourras que regretter...

Alors, pourquoi restes-tu là,
Respire ! Oublie tes tracas
A quoi bon rester enfermé (e)
Par une si belle journée ?...
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#Posté le lundi 04 août 2008 08:44

Modifié le lundi 31 janvier 2011 05:56

Mon Paris à moi

Au Père Lachaise, à la Bastille,
Quand mes alexandrins brillent
Passant par Voltaire et Saint Paul
Là où l'inspiration s'envole

Rivoli et l'Hôtel de Ville
Ou la Rue du Roi de Sicile
Tellement joyeuses, vivantes
Rendant ma prose mordante

Mais, direction Notre Dame
Où Paris cache son âme
Et mon poème se construit
Devant la statue, le Parvis

Puis, en allant vers Saint Michel
Rue des Ecoles, le Luxembourg
Le trajet paraissant si court
Quand à la tâche je m'atèle

Passant par Cluny, l'île Saint Louis
Et entre les deux théâtres
Mes mots à la Seine unis
En vers joyeux, lus par quatre...

En maintenant, tous au Louvre !
Car c'est là que mon c½ur s'ouvre
Avant d'aller jusqu'à Orsay
Pour y composer quelques lais

Vers la Comédie Française
Sur l'avenue de l'Opéra
Sainte Anne la Japonaise
Pour déguster un bon repas...

Devant l'ouvrage de Garnier
Près d'Antin et de sa chaussée
Haussmann et la Madeleine
Où je travaille chaque semaine

Passant par la rue de la Paix
Terminant par les Grands Boul'vards
Pour rejoindre le Châtelet
Et prendre le train à la gare...
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#Posté le lundi 04 août 2008 08:45

Modifié le mardi 09 septembre 2008 12:11

Recit 1 - Le miroir bleu

Connaissez-vous le Miroir Bleu ?
Son étrange légende veut
Qu'il fut ouvragé par un nain
Pour pouvoir demander sa main
A une Elfe des forêts
Tant pour elle son coeur brûlait
Rivalisant avec celui de la forge
Où il fondait le Mithril
Pour la belle et douce Isil
Le dominant de sa gorge

A chaque coup le nain pleurait
De joie, autant qu'il transpirait
De confectionner un si bel accessoire
Y mettant son amour, son art et son espoir

A chaque refroidissement
De belles volutes s'élevaient,
Et par ce fait lui rappelant
Ce fameux jour du mois de Mai

Quand on les avait présentés
Et qu'ils avaient délaissées les festivités
Pour cette compagnie pleinement savourer
Lors d'une courte éternité

Mais en cette nuit d'Octobre,
L'ami, tant discret que sobre,
Reprenait un peu ses esprits
Car il avait presque fini

Il allait maintenant se mettre à ciseler
Ce qui reflèterait l'authentique beauté
De celle qui le recevrait
Son seul amour à tout jamais

Chacune des courbes tracées
Rappelant les traits raffinés
De la belle destinataire
Plus bleus que le ciel, la mer
Plus clairs que les nombreux saphirs
Relevant son beau sourire



Dans l'eau d'une source sacrée
L'artéfact il allait laver
Pour son ½uvre purifier
Au gemmage la préparer
De l'Ambre il allait incruster
Ainsi que des Saphirs marbrés
L'un, aussi chaud que la douceur de Ses lèvres
L'autre, pour rappeler Ses yeux... Leur profondeur...

Après un dernier bain sacré,
Dans un écrin allait ranger
La preuve de l'amour, si fort
Qu'il connut au coeur du Gondor

Nous passerons le périple qu'il eut connu
Affrontant les frimas, le vent et la pluie drue
Ou les Goblins traînant par paire
Vers le pays des Elfes Verts
Où l'attendait sa promise
Dont l'âme était si exquise
Que Flynn se mit à pleurer
A l'idée de la retrouver

Arrivant devant les Portes, il s'annonça :
«Mes Amis Elfes Verts, ouvrez l'Huis ici-bas»
«Laissez entrer le Nain Flynn»
«Le célèbre fils de Gwyn»

Ayant entendu l'annonce,
Des forestiers l'encerclèrent
Simple routine primaire
Pour les habitants des Ronces

Quand il leur rappela le but de sa venue
Qu'il leur montra le miroir, ils en furent émus
Quelle ne fut pas sa surprise
Quand apparut sa promise

«Vous voici donc enfin venu
Fier et doux confident bourru...»
Lui dit-elle en caressant la barbe rousse
Du nain, troublé par les paroles de la douce

L'Alfe Noir, avec sa toison,
Elle et ses cheveux roux, tisons,
Brûlant du feu de la passion
Qui colorait cette saison



«Pourrais-je, très noble Nain, vous débarrasser?...»
Lui dit un jeune Elfe effronté
Tout en Geste et civilités
«Pour faire à sa main un baiser»

«Mais il faudrait que Votre main
Réussisse à toucher son sein...
Sans qu'elle n'ait à cueillir les Lys
Ou qu'en l'air elle ne vous hisse...»

«J'ai rencontré sur mon chemin
Puis occis des Loups et Gobelins
Dont le sang, si vous jouez encore le malin
Se mêlera à celui d'un Elfe Sylvain...»
Se mit à penser l'artisan
Idée qu'il délaissa pourtant
Pour relever ledit défi
Et calmer le rustre petit

Autour d'eux s'étaient assemblés
Des membres de la Maisonnée
Qui les regardaient, amusés
Certains étant prêts à parier


Venant du Nain, renforcé dans sa conviction,
Voici quelle fut sa drôle de proposition :

«Puisque vous me prenez de haut
Je Vous prends au mot, Jouvenceau...
Le c½ur d'Isil je toucherais
Et vous passerez pour benêt...»

Alors, par la foule acclamé
Confia l'écrin au jeune elfe, qui fut gêné
Puis demanda à sa tendre amie de venir
Avec un très grand sourire

La belle Nymphe le surplombant
Prit son ½uvre faite d'argent
Pour qu'elle reflète le bas des seins de sa Mie
Et qu'il touche l'image du coeur de celle-ci

Le pari fou ainsi gagné
Fynn se redressa de fierté
Isil ne pouvant s'empêcher
Sur le miroir de pleurer



La Glace Bleue se mit alors à briller
Tels la Lune ou le s étoiles en été
Sur un lac ou en pleine mer
Comme une comète... éphémère...

Suite à ce prodige muet
Les Elfes Verts s'interrogeaient
Avant d'acclamer le vainqueur
Doué, malin, et de valeur

C'est à ce prodige qu'on doit
D'être tous ici réunis
L'artisan devenant un Roi
Une fois à la belle uni
Gardien des forêts de l'Orée,
Père d'une nouvelle lignée
Issue de deux nobles Alfes
L'un, Noir et trapu, mais très fort,
L'autre, Lumineuse, savante, éthérée
Les Alfes Gris seront bien nés
De plus, ils protégeront la faune et la flore



«Emrys Amoirgen, mon ami poète
Venez avec Maîtres Ambrosius et Zirphil
Votre histoire était parfaite
Rythmée, et même très habile
Serveur ! Amenez pitance à mes bons amis !
Qu'une bonne bière leurs gorges rince et lave
Que l'on apporte le canard aux Olaves !
Pour qu'ils nous divertissent toute cette nuit»
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#Posté le lundi 04 août 2008 08:47

Modifié le dimanche 07 septembre 2008 02:08

Madeleine

MadeleineJe vais croquer Madeleine et non Charlotte
Si beau fruit de l'union d'une diplomate
Et d'un ancien conférencier
Aisés sur le plan financier...

Sur l'avenue de l'Opéra
Vers la rue de St Honoré
Elle se tenait là, devant moi
Semblant perdue, désemparée

Je me propose de l'aider
Son chemin perdu retrouver
Voir le Jardin des Plantes, ses potagers
Car l'envie lui prend de dormir sous un fraisier... ?!

Elle, bonne pâte, accepte de mon bras croiser
Doucement, ma main glisse pour son flanc tâter
Usant de détours pour apprécier ses courbes
Suis en effet polisson, mais jamais fourbe...

Devenu pour elle un phare breton, un guide
Plus distingué qu'un bavarois
Et surtout moins lourd qu'un baba
En un éclair je l'amuse et la déride

Notre complicité croissant
Tels deux amants nous promenant
Au cours de la conversation
Inséparables devenions

Arrivés au fameux Jardin
Mille feuilles en tapissaient le sol
Cet automne serait l'écrin
D'un amour devenu si fol...

Une fois notre promenade terminée
A son appartement la belle m'invitait
Ainsi, boire ensemble un café
Et puis quelques biscuits mouiller...

Assis à table, elle se tenait là, devant moi
Le cordon bleu à sa taille m'emplit d'émoi
Mais il fallait attendre, vous pouvez me croire
Avant de pouvoir goûter à sa forêt noire...

Et soudain, Ma Mie me pria de l'excuser
Puisqu'un Cake elle devait aller démouler
Ses brioches, un vrai régal
M'ouvraient l'appétit sans égal...

« Si au c½ur la douceur de la tarte t'atteint... »
Me dit elle, avec aux lèvres un sourire divin
Durant un de nos rendez-vous
« Veux-tu devenir mon époux ? »

Moi, fondant en larmes de joie
Ne contenant plus mon émoi
J'avais comme les pattes brisées
Impossible de me lever...

Par le Paris-Brest il nous fallait arriver
Chère Madame, Cher Monsieur, pour Vous raconter
Comment cette belle rencontre est arrivée
Et demander sa main, afin de nous marier
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#Posté le vendredi 08 août 2008 00:33

Modifié le vendredi 27 mai 2011 13:01

Recit 2 - Le Siège

En cette belle saison, l'écusson doré
Par le doux soleil estival,
Surplombait le château royal

Où siégeait Sa Majesté
Assise sur le trône, mais incommodée,
Sa lunette étant cassée

Il devait expédier les affaires courantes
Quand lui parvint une question hésitante :
«-Où est la Reine, Chambellan ?...»
«-Où est la mère de mes enfants ?...»
Demanda le Roi, étonné
«Les Dieux elle est allée prier...»

En effet, la Reine communiait alors
Avec la Nature et les Dieux tutélaires
«Devant toi, je déverse ce seau, Apis..»
Dit la Régente, «Afin que tu bénisses
Ces jeunes veaux et leurs mères...»
Près des seaux d'eau mis à terre.
L'étable sentant la rose,
La cérémonie fut close.

Dans son immense cuisine,
Le chef ayant travaillé des rondelles
De saucisson de montagne, et de mortadelle
Démoulait une terrine

A ses pieds, son fidèle chien
Avait les crocs teints par le sang
Du bout d'un intestin
D'une volaille ou d'un faisan

«-Maître Queux ! Ton fourneau sent fort...»
Dit l'intendant, le nez bouché
«-Oui, le Poële pue bien, Messire...»
«L'on cuit du lard en quantité...»

Si la cuisson se faisait,
Le Roi, lui, s'impatientait
Quand on annonça son espion :
«Nous avons la taupe au guichet»
Ledit agent, face au donjon,
Au pied de la porte, attendait...

Le capitaine fit entrer
L'homme, sur son cheval monté
Dont la selle était chargée
De plans qu'il avait pu copier

«-L'ennemi veut frapper bientôt»
Dit l'agent secret à son Roi
«Tout au Sud... Après les bois...»
«-Frapper sous la ceinture ? Oh !...»

«-Le transit se fait bien de haut en bas, non ?»
«-Oui-da. Mais là, je dis Arrêt !»
Car c'est là que Flatu lance toutes ses légions

Si l'odeur de daube parfumait le salon
Le roi, lui, beurrait une raie
Car il était un grand amateur de poisson

«Bien, nous les prendrons à revers...»
S'emporta le bon monarque
Tel l'olave sonnant le cor

«Et solitaire finit son capitaine
Qu'occis sans feu dans le regard
Notre grand champion, fier de lui, sans haine»

«-L'ost sudiste fait tampon, me semble-t-il...»
Fit remarquer le souverain
«-Nombre de suppôts investiront le bassin
Formant un anneau très servile...»

«L'épée prenant à la gorge tous ces colons
Mon armée va pousser si fort
Ces intrus, tous ces fanfarons
Qu'aucun d'entre eux, ma foi, ne touchera les bords»

«Ce sera alors pour eux un manque de pot
Et quand ils se sentiront au bout du rouleau
Etant alors –un peu- marron
Ils rentreront à la maison»

«Mais...» Intervint le Chambellan
«Pourquoi tant de légèreté ?...»
«-On laisse Thomas nous soulager...»
«-Avant de reprendre les champs»

«-Après, nettoyez-le, céans !»
«-Ils boiront même la dernière goutte
Du calice, jusqu'à la lie, des défaites
A le regretter dans cent ans !»
Pendant que le cabinet était occupé,
Le Prince rentrait de la chasse au Renart
En saisit un qui s'occupait de lapins noirs
Le goupil serait apprivoisé. Eux, mangés

Puis, une branche craquait... Une fouine
Manquait d'attraper lapines
Z'et autres petits rongeurs
Mais échappait à un plus terrible malheur

Avant de rentrer, il devait récupérer
Sa s½ur, qui était au jardin
Rempli de roses, au parfum
Si frais...Si doux qu'il en donnait la goutte au nez

Dans la rivière, tout près,
Les troncs flottaient dans l'eau claire
Car les bûcherons débitaient
Nombre d'arbres centenaires

Arrivant derrière elle, il la salua
Elle lâcha une caisse, tant elle sursauta
«Vous me trouvez là surprise
Laissez-moi vous faire la bise»

Tandis que la noble fratrie se baisait
Le chant de la rainette au loin on entendait
«-Où trouver votre bien aimé ?
«-Je pense qu'il partait manger...»

«Les goûts sombres de ce Thomas»
«Me laissent réellement coi...»
«Faire honneur à la table et non à sa douce...»
«Me surprend bien plus qu'il ne me courrouce...»

Le zoophage Lieutenant
Qui mangeait un filet de paon
Etait attablé près du Croque-mort, pion
Du macabre jeu des conflits entre nations

«Messire Fur, oncle de mes futurs enfants !»
Cria-t-il soudainement, la bouche pleine
Quand le frère et la s½ur, saluèrent la Reine
Qui était arrivée depuis très peu de temps

Le Roi, finissant son repas
Le chocolat au bord des lèvres, reniflait
Le cacao qu'il dégustait
Mais il en renversa, s'en mettant plein les doigts...

«-Mes chers amis, nous allons protéger l'endroit
Si quelque fente s'ouvrait
Tout ceci serait bien léché, je le promets»
Dit, en s'étant torché, le Roi

«-Père poilu et barbu, je vous respecte bien...»
Répondit alors l'héritier
«-Mon jeune et glabre enfant que j'adore, sachez
Qu'en commandant de patriotes citoyens
Vous resterez derrière
Pour faire bouche-trou et garder nos arrières...»

«-Mon père... Protéger l'écrin de velours et la toison,
-Héritage à nos femmes se transmettant-
Et la garder vierge de toute introduction
Est un v½u pieux que je fais solennellement...»

Dans c' cas, tôt il devrait se lever
Pour parcourir les courbes de ces vallons
Qui faisaient une étreinte autour de son bassin

Et la chute d'airain organiser
Afin d'échauder les probables assaillants
Qui seraient rares à approcher ses flancs

Alors que le mitron dépose une pêche,
Afin de garnir sa tarte
Il faut que je me dépêche
Avant que notre armée royale ne parte...

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#Posté le mercredi 03 septembre 2008 12:43

Modifié le samedi 06 septembre 2008 13:52

Recit 3 - Les Annales

Recit 3 - Les Annales
Ce matin à l'aube, je mouillais le biscuit
Quand on me dit que j'étais attendu à l'huis
Me dépêchant, je secouais les puces. Au chien
J'adressais une caresse qu'il rendit bien

Je pris congé de la jeune cuisinière :
«Je vous laisse compter, Fleurette,
Les jouvenceaux qui votre balcon admirent
Et de quelques fleurs voudraient faire la cueillette...»

Me sachant absent à Midi
Elle m'adressa ces mots câlins :
«Monsieur, je vous mettrais votre part dans un coin...
J'attendrais, je n'en dormirais pas de la nuit...»

Et, oubliant qu'il était chaud,
Elle tournait le dos au fourneau
D'où des braises, près de la porte, sautèrent
Lui mettant le feu au derrière

Je promis qu'en sa compagnie
Je mouillerais le pinceau
Pour lui dédier ma poésie

Mais je devais quitter ma mie
Car devant partir au plus tôt
Pour noter en vers le conflit

Les volontaires, sous les ordres du Prince,
S'équipaient d'armes, dont des lances et des pieux
Les chances, pour l'ennemi, seraient bien minces
De prendre d'assaut cet endroit si capricieux

Partout, Zélotes et prêtres
Bénissaient les hommes d'armes
Dans leurs robes couleur Parme

Le Priant, levant son Sceptre
Pour haranguer les combattants
Et rassurer les habitants

Je décidais d'accompagner le messager
Vers la garnison sudiste
Afin de dresser la liste
Des détachements qui y étaient stationnées

En chemin nous allions croiser
Quelques paysans affairés
Une grande gaule secouant
Afin de faire tomber des glands

«Mes braves connards que voilà...»
«Allons bon, ne savez-vous pas»
«Que c'est un fruit défendu à la cueillette»
«En dehors de la saison, je le répète !»

Lesdits vilains arrêtèrent
De peur de mettre en colère
Les habitants des bois voisins
Amoureux de leur vert terrain

Mais revenons à l'histoire
Celle dont j'écris le mémoire

Voici comment se répartissaient les guerriers :
-Deux douzaines d'archers ; une d'arbalétriers
-Combattants : Deux fois soixante ; Neuf chevaliers
-Deux dizaines de cavaliers

-Un grand sorcier et deux mineurs
-Deux douzaines de forestiers
Envoyés par les Elfes Verts
Pour que les bois soient protégés

Face à eux, une armée de fous
Qui se trouvaient au fond du trou
En rangs épars et décousus
Lorgnant la principale issue

La position de leurs combattants arrêtée
Nos assaillants allaient faire cause commune
Sur le front Est, un Menhir était levé
Afin d'invoquer Dieux et Bonne Fortune

«Je n'obtenais érection aussi rapide...»
«Quand j'étais encore dans la force de l'âge»
Commenta l'ancien compagnon en retraite

«Ma compagnie d'alors, robuste, solide,
«N'aurait pu obtenir un pareil levage
Avec des appareils en bon état, certes...»

Droit, dans le creux, le menhir
Se dressait face à la ville
Les Cénobites, tranquilles,
Rêvaient du conflit à venir

Mais mon inventaire il me fallait compléter
Je devais donc me retirer
Juste avant, un ami je voulais saluer
Par les remparts j'allais passer :

«Godefroy, réchauffez-vous ici au soleil...»
«Trouvère à nul autre pareil...»
Dis-je à mon confrère chéri
Qui m'aiderait dans mon récit

«Vous verrez mieux, vous rapprochant»
«Le monde environnant, les champs...»
«Afin de mieux me rapporter
«Les évènements constatés»

Ce dernier me fit le serment
De consigner fidèlement
Ce dont il serait spectateur
Mêlées, duels ou bien clameurs

Puis, je regagnais le Levant
Là où le Grand Champion et son détachement
Se retenaient de tout lâcher
Tant l'envie était précoce de s'engager

P'lotons vers le haut du bassin :
Trois régiments de fantassins
Un de chevaliers bien montés
Deux régiments de joueurs d'épées

Du coté de nos archers, chacun bandait bien
Et les tireurs, eux, tendaient leurs arbalètes
Les uns, groupés en deux compagnies complètes,
Pour les autres, une faction faite de vingt

L'Alchimiste et le Roi présents,
Restaient pour compléter les rangs
Quelques francs compagnons armés
De gourdins, d'outils détournés

Chacun était préparé pour la nuit blanche
Qui appellerait une amère revanche
De la part des ennemis, de leurs complices
Après avoir subi le feu d'artifices





Avec une telle protection,
Je pensais avoir bien raison
De croire en leur victoire
Luttant sans relâche ce soir

Je partais donc au château
Pour voir le conflit de plus haut
Mais je devais me reposer
Tout ceci m'ayant épuisé

Ma douce amie avait le sommeil agité
Car je m'apercevais qu'elle mordait l'oreiller
Aurait-elle cauchemardé ?
Je la laissais se reposer...

Le matin, je savais ce que j'allais faire
Remercier la cuisinière
Lui faisant une tarte au Poêle
Pour oublier son chagrin avec ce régal

Je fus coupé dans mon action :
Frappait à la porte un page
J'interrompis mon ouvrage
Pour l'acquitter de sa mission

Le jouvenceau livrait un lot de parchemins
Sur lesquels Godefroy avait pu consigner
Les batailles sur le terrain
Et les pertes des deux cotés

S'étant levée, je vis approcher mon amie
Qui proposa au jeune homme une gâterie
Pour l'aider à se retaper

Il déclina, étant pressé
Bien qu'il aima ses brioches
-ce sur quoi nous étions proches-

Pour aller plus vite aux appartements du Roi
Il me prit la bonne idée de passer par les toits
Maître Parminos me prit sur le faîte

«Olà, mon garçon ! Je te savais athlète...»
«Mais un roi des galipettes...»
«Qu'en ouï-dire, par les soubrettes...»





Il accepta de se joindre
Pour tout ce conflit dépeindre
Et l'introduire dans les annales
Comme une victoire royale

Car les effectifs des suppôts ayant fondu,
Il ne restait de l'armée du pauvre Flatu
Qu'un corps de guerriers maussades
C'était bien la débandade...

Le Roi, rentré dès le matin,
Avec son fils en entretien :

«-Avec les butins de guerre amassés, Messire...»
«Vos bourses seront bien pleines»
«-Excusez-moi, mais ça rend sourd...»
«De remporter une victoire aussi soudaine.»

L'ennemi ayant écrasé,
Une question devait se poser:
«-Ai-je acculé précocement
Dans le bassin notre assaillant ?»

«-Il faut croire que la pluie dorée
A aidé à précipiter
La fuite de notre opposant,
Qui était en terrain glissant...»

«Grâce à l'artillerie lourde
Qui tirait très souvent son coup
Il n'y a pas eu de bourde
Ils sont partis avec dégoût...»

J'avais oublié la mention
De l'artillerie, des canons
Car c'était l'arme secrète
Encore mieux que l'arbalète...

Les vaincus ne reviendraient pas
En ayant eu pour leur compte
Désertant l'armée du Comte
Retournant aux champs, dans les bois

Fanatiques déboussolés,
Maraudeurs, guerriers balayés
Chacun des derniers survivants
Voudrait se venger du Sergent



Les menant à la défaite
Une fois la révolte prête
Le tyran serait renversé
Le calme serait retrouvé

Pour l'instant laissons de coté
Les prévisions politiques
Et réunissons la clique
Afin qu'elle nous fasse danser !

J'appelle les Elfes Quirions,
Bardes et autres échansons
A chanter la célébration
D'un succès digne de ce nom

Un festin sera préparé
Afin de tous nous régaler
Les moelleuses miches de la boulangère ;

Les fameux gâteaux de son père;
Les mets si fins du cuisinier;
La bière du brasseur, les vins du sommelier

Des jus de fruits comme boisson
Pour les enfants et nourrissons
Venez à moi, chères petites têtes blondes
Dansez en cercle, et faites une ronde !
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#Posté le mercredi 03 septembre 2008 12:46

Modifié le lundi 09 mai 2011 09:46

Nocturne

Quand la Nuit étend ses ailes
Et qu'un ombrageux horizon
Prend alors place dans le ciel

C'est là que tu te révèles
-Sombre objet de ma déraison-
Aussi secrète que rebelle

Nul besoin de mots pour parler
Des éclipses que sont tes yeux
Sortent des éclairs animés
Le temps semble alors orageux...

D'un gracile déhanchement
Te faufilant tel un félin
Siffle, nocturne prédateur
Oublie toute ta candeur

Laisse ta pudeur diurne
Laisse-la dans son urne
Ou dans ta boîte de Pandore
Quand, sous la Lune, chacun dort...

Montre-moi ta vraie personne
Puisqu'au loin les cloches sonnent
De tes atours débarrassée
Jette donc le masque à tes pieds...

Qu'il roule en dessous de mon lit,
Poussé par le vent qui sévit,
Agitateur de ces rideaux
Qui font des vagues dans ton dos

Entre les deux pans de tissus
Le disque d'argent montant, nu,
Rend ta crinière grise
Par ses reflets, car la bise
Agite d'autant le fluide pavillon noir
Qu'il empêche toute échappatoire

Si tant est que la pure folie
Veuille alors que l'on s'évade
De cette chambre, repère où tu te tapis
Chapelle de ta râleuse sérénade



Et t'approchant de la couche
Tu es beaucoup moins farouche
Faisant ainsi du baldaquin
La réserve de ton butin

Tu balances du cuivre
Bien que tu sois très Or
Dans l'absolu, assez sobre
La victoire te désaltère

Alors, chaton apprivoisé,
Que tes yeux, noirs précipices
S'ouvrent comme autant d'abysses
Me prend l'envi de te croquer

Je compose une louange
A la féline élégance
Aux suaves nonchalances
De la succube... Ou de l'Ange ?...
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#Posté le samedi 06 septembre 2008 12:53

Modifié le samedi 06 septembre 2008 13:25

Feline

La nuit est tombée autour de nous, tel un drap
Alors qu'elle a chassé le rougeoyant soleil
Tu te faufiles comme un chat
Pour retarder notre sommeil

Dans le noir, j'aperçois uniquement de toi
Des griffes et des crocs sortis
A l'affût, comme pour bondir sur ta proie,
Et avancer vers le grand lit

Où, tes babines retroussées,
Les yeux en amande plissés
Parcourant mon corps de tes doigts
Tu me troubles... Me laisses coi...

Tes bras, de nocturne teinte
Recherchent alors l'étreinte
Ton c½ur se rapprochant du mien
Deux tambours s'accordant si bien...

Feulés d'une si douce voix
Des mots chantés par un hautbois
Réveillent chacun de mes sens
Curieux de la quintessence

Puis, poussant un ronronnement au pied du lit
Qui enfle d'autant que tu cries
Souriante, tu te trahis
Car prise d'un besoin, et non plus d'une envie...

Ton poil qui, en avançant, se frotte sur moi
Doux comme du velours, de la soie,
Me chatouille et m'excite tant
Que j'en caresse l'échine et le séant

Avant d'attaquer la gorge
D'où soufflera un doux râle
Qui, tel un cri de douce rage
Trahit notre osmose finale...
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#Posté le samedi 06 septembre 2008 12:54

Modifié le samedi 06 septembre 2008 14:24

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